7 approches scientifiquement évaluées pour plus de bonheur

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« Il est urgent d’être heureux » disait Jacques Brel qui a tenu à prendre du plaisir à vivre jusqu’à ce que la maladie ne l’emporte. Le bonheur est depuis toujours une quête fondamentale de l’homme.
C’est un état difficile à définir car il est avant tout propre à chacun.  Cependant, de nombreuses recherches ont permis de révéler l’impact positif de certaines approches pour augmenter notre niveau de bien-être.

Les approches pro-bonheur à la loupe

Ces dernières décennies, les recherches en neuropsychologie et cognition ont permis de mettre en lumière les interactions entre les niveaux de bien-être, santé, interactions sociales et même longévité.Le bonheur, semble-t-il s’apprend !
Et certaines approches sont plus susceptibles que d’autres de nous aider à augmenter notre niveau de bien-être et ressentir l’état de « bonheur ».

1-La connexion aux autres

La pandémie de Covid-19 a été un des révélateurs de l’importance des relations sociales sur notre santé, physique mais aussi mentale.
Les impacts psychologiques délétères de cette pandémie sont de plus en plus rapportés dans la littérature scientifique(1).
On sait aujourd’hui que des liens relationnels solides sont essentiels à la survie humaine, que les émotions positives contribuent de manière complexe à cette équation(2–4).
De même, la connexion aux autres et avec les autres contribue au bien-être.  Ainsi, une vie sociale riche rend les gens plus heureux. Les personnes « très heureuses » passent le moins de temps seules, et le plus de temps à « socialiser »(5).
A noter que chacun est différent. Et l’importance des connexions pour contribuer au bonheur dépend également des besoins et de l’autonomie de chacun.
Enfin, le bonheur momentané augmente souvent lorsque nous passons du temps avec les amis et la famille(6). Nos relations sociales s’en trouvent enrichies par le partage d’émotions positives (7).

2-La méditation de la bienveillance

Cette forme de méditation peut être définie comme «le souhait que les autres trouvent un bonheur et un bien-être authentiques».
La méditation de bienveillance est un type de méditation de pleine conscience qui sensibilise à l’interdépendance humaine et au fait que nous partageons tous le même désir d’être heureux.
Six séances hebdomadaires de 60 minutes de méditation de bienveillance ont été associées au développement d’émotions positives pendant et après la pratique. Plus la pratique est régulière, plus on développe des émotions positives.
Cette pratique permet également d’augmenter des sentiments d’empathie, de compassion, de l’altruisme et d’augmenter les liens sociaux.
Considérer le bien-être des autres nous aiderait à développer des émotions positives qui participent à notre propre bien-être.

3-Le Flow

Le flow ou flux en français, se caractérise par un état mental qu’on atteint lorsqu’on est complètement plongé dans une activité et qu’on se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement.

On peut plonger dans cet état via un large éventail d’activités physiques, artistiques, professionnelles.

Le flux se produit lorsqu’il s’agit d’une tâche difficile qui exige une concentration et un engagement intenses (la résolution de problèmes par exemple).
Un état de flux s’ensuit lorsque l’on devient si profondément concentré sur une tâche que tout le reste disparaît. On éprouve alors un état euphorique, de joie et de plaisir, sans effort ni effort (8).

4-L’entraînement de notre cerveau

Certaines données soutiennent l’idée que le bonheur est le résultat de l’entraînement de l’esprit. Quand on veut récolter, il est important de préparer le sol, de semer les graines correctement, de planter suffisamment de graines, d’enlever les mauvaises herbes, de faire preuve de patience et de travailler régulièrement. De même, la satisfaction, l’épanouissement et le bonheur sont la moisson du dévouement, de l’engagement, de la croissance et des efforts que l’on développe. L’hypnose et l’auto-hypnose peuvent être utiles pour travailler sur différents aspects d’une manière douce et créative.

Ainsi entraîner notre cerveau à revisiter régulièrement une expérience positive qu’on a vécue peut affecter positivement notre humeur (9,10).
En ce sens, l’hypnose et l’auto-hypnose peuvent être utiles pour revivre certaines situations qui nous ont fait du bien : les obstacles qu’on a su surmonter, les objectifs qu’on atteints, des défis personnels qu’on a su relever etc.)
Cette approche contribue à se valoriser et à être valorisé. En retour, cette valorisation engendrent des émotions positives, qui, elles-mêmes, augmentent le plaisir des comportements de santé positifs (11). Par exemple, les émotions positives permettent de prédire les habitudes de méditation(12) et l’adhésion à de l’activité physique (13). En sommes, que du positif !

5-Le jeu

Le jeu jour un rôle essentiel au cours du développement humain, notamment pendant la petite enfance. Il est souvent associé à des moments de partage et de bien-être partagés.
Le jeu se retrouve dans toutes les cultures. Il a été observé chez les espèces de mammifères, certaines espèces d’oiseaux et de même de reptiles(14).

Étant donné que le jeu nécessite une dépense de temps et d’énergie importante pour les humains et les espèces animales, on a estimé qu’il sert probablement un objectif évolutif important facilitant la survie(14). Pour les enfants, le jeu permet le développement d’un large éventail de capacités sociales ainsi que de processus affectifs, notamment la compréhension et la régulation des émotions ainsi que l’empathie(14,15).
Le fait de jouer nous met en joie et est gratifiant. Et une cascade de réactions physiologiques se produit pendant le jeu : libération d’opioïdes(16) de dopamine (aussi appelée « molécule du plaisir »), les endocannabinoïdes (17).Enfin tout au long de notre vie, le fait de jouer continue de générer chez nous des émotions positives et facilite également les interactions sociales qui renforcent à leur tour nos capacités relationnelles et notre bien-être général  (15,18,19).

6-La gratitude

La pratique de la gratitude est un bon moyen de réduire notre stress, augmenter notre satisfaction quant à la vie qu’on mène ou encore améliorer nos relations aux autres.

Dans une expérience les participants, divisés en trois groupes ont été invités à tenir un journal dans lequel ils se sont engagés à écrire quotidiennement ce pour quoi ils étaient reconnaissants.

Le premier groupe (focalisé sur la gratitude ») a été invité à écrire cinq choses pour lesquelles ils étaient reconnaissants de ce qui s’était passé au cours de la dernière semaine pour chacune des 10 semaines de l’étude.
Le deuxième groupe (focalisé sur les tracas) a été invité à écrire cinq tracas, soucis quotidiens de la semaine précédente.
Le troisième groupe (focalisé sur des événements de manière neutre) a simplement énuméré cinq événements sans qu’on lui dise de se concentrer sur les aspects positifs ou négatifs.
Résultat : les personnes qui étaient dans l’état de gratitude se sentaient 25% plus heureuses – elles étaient plus optimistes quant à l’avenir, elles se sentaient mieux dans leur vie que celles qui s’étaient focalisées sur les tracas ou l’énumération neutre d’événements (20).

De même, pratiquer la gratitude construit et renforce les liens sociaux et les amitiés. Le fait de nous focaliser sur le positif, d’être reconnaissant de ce que nous offrent les autres nous amène à nous sentir aimés et considérés (21). Ce sont là, des sentiments qui, par ricochet nous permettent d’augmenter notre niveau de bonheur.

7-La contemplation et l’appréciation du temps qui passe

Vieillir dans nos sociétés occidentales est signe de déclin cognitif et physique.
On aurait donc tendance à penser qu’au niveau de notre bien-être émotionnel, il en irait de même.
Or, il semble que c’est tout l’inverse qui se produit. Le bonheur et les émotions positives montrent au contraire, une stabilité significative et même des augmentations au cours des dernières années(22,23).

En effet, on a observé une plus grande capacité de régulation des émotions à mesure que l’âge augmente, de l’enfance à l’âge adulte (24). Au moment où nous rentrons dans l’âge adulte, notre capacité de régulation de nos émotions augmente, si tant est que nous soyons en bonne santé. Et ce, malgré les changements corporels (apparence etc).
Enfin, certaines études avancent que le déclin de la fonction physiologique au fur et à mesure de l’avancée dans l’âge  (hors pathologies) peut augmenter la capacité de régulation émotionnelle (22,23).

En bref :

L’état de bonheur est propre à chaque personne. Néanmoins, certaines approches peuvent nous permettre d’augmenter notre niveau de bien-être.
En effet, l’homme est un être avant tout social, qui a besoin de ses pairs pour se sentir heureux. C’est ce que viennent confirmer les recherches en neuropsychologie. Entraîner notre cerveau à « penser positif », se concentrer sur le positif, se mettre dans un état de « flow » en se consacrant à une activité qui nous tient à cœur, jouer, être dans la gratitude ou encore pratiquer la méditation de la bienveillance sont d’autres moyens qui ont été évalués comme étant probants pour nous permettre d’augmenter notre niveau de bien-être, un pas de plus vers le bonheur.

Ressources Bibliographiques :

1.       Hossain MM, Tasnim S, Sultana A, Faizah F, Mazumder H, Zou L, et al. Epidemiology of mental health problems in COVID-19: a review. F1000Res. 2020;9:636.
2.       Pressman SD, Cohen S. Positive emotion word use and longevity in famous deceased psychologists. Health Psychol. mai 2012;31(3):297‑305.
3.       Sbarra DA, Coan JA. Relationships and Health: The Critical Role of Affective Science. Emotion Review. 1 janv 2018;10(1):40‑54.
4.       Beyond happiness: Building a science of discrete positive emotions. – PsycNET [Internet]. [cité 30 sept 2021]. Disponible sur: https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fa00404565. Seligman MEP. Authentic happiness: using the new positive psychology to realize your potential for lasting fulfillment. New York: Free Press; 2002.
6.       Csikszentmihalyi M, Hunter J. Happiness in Everyday Life: The Uses of Experience Sampling. Journal of Happiness Studies. 1 juin 2003;4(2):185‑99.
7.       Campos B, Shiota MN, Keltner D, Gonzaga GC, Goetz JL. What is shared, what is different? Core relational themes and expressive displays of eight positive emotions. Cognition and Emotion. 1 janv 2013;27(1):37‑52.
8.       Bonaiuto M, Mao Y, Roberts S, Psalti A, Ariccio S, Ganucci Cancellieri U, et al. Optimal Experience and Personal Growth: Flow and the Consolidation of Place Identity. Frontiers in Psychology. 2016;7:1654.
9.       Alladin A, Alibhai A. Cognitive hypnotherapy for depression: an empirical investigation. Int J Clin Exp Hypn. avr 2007;55(2):147‑66.
10.     Yapko MD. Hypnosis in the Treatment of Depression: An Overdue Approach for Encouraging Skillful Mood Management. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 3 mars 2010;58(2):137‑46.
11.     Van Cappellen P, Rice EL, Catalino LI, Fredrickson BL. Positive affective processes underlie positive health behaviour change. Psychology & Health. 2 janv 2018;33(1):77‑97.
12.     Happiness unpacked: Positive emotions increase life satisfaction by building resilience. – PsycNET [Internet]. [cité 30 sept 2021]. Disponible sur: https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fa0015952
13.     Rhodes RE, Kates A. Can the Affective Response to Exercise Predict Future Motives and Physical Activity Behavior? A Systematic Review of Published Evidence. Annals of Behavioral Medicine. 1 oct 2015;49(5):715‑31.
14.     Healthy play, better coping: The importance of play for the development of children in health and disease – ScienceDirect [Internet]. [cité 30 sept 2021]. Disponible sur: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0149763418305116?via%3Dihub
15.     Russ SW. Play and Creativity: Developmental issues. Scandinavian Journal of Educational Research. 1 juill 2003;47(3):291‑303.
16.     Vanderschuren LJMJ, Stein EA, Wiegant VM, Van Ree JM. Social play alters regional brain opioid receptor binding in juvenile rats. Brain Research. 22 mai 1995;680(1):148‑56.
17.     Trezza V, Vanderschuren LJMJ. Bidirectional cannabinoid modulation of social behavior in adolescent rats. Psychopharmacology. 1 avr 2008;197(2):217‑27.
18.     Alexander R, Aragón OR, Bookwala J, Cherbuin N, Gatt JM, Kahrilas IJ, et al. The neuroscience of positive emotions and affect: Implications for cultivating happiness and wellbeing. Neuroscience & Biobehavioral Reviews. 1 févr 2021;121:220‑49.
19.     Storli R, Hansen Sandseter EB. Children’s play, well-being and involvement: how children play indoors and outdoors in Norwegian early childhood education and care institutions. International Journal of Play. 2 janv 2019;8(1):65‑78.
20.     Emmons R, Mccullough M. Counting Blessings Versus Burdens: An Experimental Investigation of Gratitude and Subjective Well-Being in Daily Life. Journal of personality and social psychology. 1 mars 2003;84:377‑89.
21.     ‪Naikan psychotherapy: Meditation for self-development [Internet]. [cité 30 sept 2021]. Disponible sur: https://scholar.google.com/citations?view_op=view_citation&hl=en&user=AjbeXHIAAAAJ&citation_for_view=AjbeXHIAAAAJ:UeHWp8X0CEIC
22.     Taking time seriously: A theory of socioemotional selectivity. – PsycNET [Internet]. [cité 30 sept 2021]. Disponible sur: https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2F0003-066X.54.3.165
23.     Charles ST, Carstensen LL. Social and Emotional Aging. Annual Review of Psychology. 2010;61(1):383‑409.
24.     Charles ST, Carstensen LL. Emotion Regulation and Aging. In: Handbook of emotion regulation. New York, NY, US: The Guilford Press; 2007. p. 307‑27.

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